


Les Français votent ...
Qu'ils soient expatriés, résidants permanents ou de double citoyenneté française-canadienne, c'est hier, samedi 5 mai 2007, que les Français vivant au Québec ont voté au deuxième tour des élections présidentielles, soit une journée avant leurs concitoyens de l'Hexagone.
À Québec, le bureau de vote installé dans les locaux de l'Espace France, avenue des Laurentides, a reçu encore plus d'électeurs qu'au premier tour il y a deux semaines.
Installée au Québec depuis six ans et heureuse d'être devenue canadienne (et québécoise ...) il y a un an 1/2, je tenais pourtant moi aussi à remplir mon devoir de citoyenne française. Hier soir, après une grosse journée de photos de 10 heures en ligne, j'ai pu foncer au bureau de vote quinze minutes avant sa fermeture. J'en ai profité pour prendre quelques clichés avant l'arrivée des scrutateurs et le début de la période de dépouillement.
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Et au Québec, ça se passe comment ?
Un mois plus tôt, j'avais participé aux élections provinciales québécoises ... et c'était bien différent de ce que j'avais appris dans mes cours d'instruction civique à l'école primaire en France. Au Québec, pas de papiers avec les noms des candidats inscrits, pas d'enveloppes, pas d'isoloir en dur. On coche au crayon sur une liste le candidat de son choix représenté par un député (celui de la circonscription dans laquelle on réside) ... que l'on connaît en général très peu, voire pas du tout; puis on se livre à une sorte de pliage de la fameuse liste, de façon à laisser paraître en premier le candidat sélectionné. Ça peut sembler enfantin pour un Canadien / Québécois qui a fait cela toute sa vie ... mais ça demande éventuellement réflexion pour un étranger qui vient d'obtenir sa citoyenneté canadienne ! En ce qui me concerne, je n'étais pas certaine d'avoir tout compris à propos du fameux pliage ... J'ai donc bidouillé une sorte d'accordéon en papier derrière le paravent en carton qui faisait office d'isoloir en me répétant intérieurement, "pourvu que ça soit comme ça". Finalement, je me présente devant l'urne (elle aussi en carton) avec mon pliage que je jugeais complètement aléatoire et ho ... surprise, celui-ci fut approuvé par les gens de la municipalité qui supervisaient le bon déroulement du vote. Je m'en suis étonnée moi-même tellement j'avais eu l'impression de faire n'importe quoi ! Phew, je venais de franchir la première étape de mon devoir de citoyenne canadienne ... sauf que ... mes nom et prénom demeuraient introuvables dans les listes d'électeurs. Pas de Laëtitia nulle part ... ouch ... à cause de moi, la file s'allongeait jusqu'à l'extérieur. Au bout de vingt bonnes minutes et après de multiples vérifications, on me retrouve enfin ... mais sous une orthographe un peu différente ! Je crains alors que l'on me retire ce moment tant attendu de pouvoir enfin voter comme une vraie québécoise. Re-vérifications ... grand sourire de ma part ... re-vérifications ... grand sourire de ma part ... et enfin, j'obtiens le privilège de glisser mon origami dans l'urne en carton !
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Deux nationalités tricotées serrées ...
Mes amis du Québec se sont montrés souvent très intéressés de savoir pourquoi je tenais tant à voter pour les élections françaises, moi qui n'hésite aucunement à considérer aujourd'hui le Québec comme mon vrai pays. Si j'ai choisi de voter, c'est parce que la France restera toujours la terre de mes origines, celle qui m'a vu naître. Toute ma famille y réside. Ce n'est pas parce que je suis aujourd'hui québécoise que je ne suis plus française, même si après six ans de vie au Québec, cela me fait encore sourire d'aller poster mon courrier à la pharmacie, de magasiner mes livres dans une librairie qui s'appelle "pantoute" ( = qui signifie "il y en a plus du tout"), de me retenir de rouler à plus de 110 km/heure (éventuellement 118 km/h) sur l'autoroute ou de me faire offrir des chaussons (tricotés à la main !) quand je vais chez des chums.
J'ai désormais un immense privilège, celui de posséder deux nationalités et deux cultures, l'une enrichissant l'autre et vice versa, autant sur le plan personnel que professionnel. Pourquoi devrais-je exclure l'une d'elles ?