
Portraits du Mali
Situé au coeur de l'Afrique de l'Ouest, le Mali est un pays aux multiples influences culturelles.



Sa passion pour la poésie et sa grande volonté d'écrire m'émeuvent. Je lui promets d'écrire un article sur son travail et de tenter de le faire publier, afin de faire connaître ses écrits. Quelques jours plus tard, Amadou Koné a la grande surprise de voir quelques colonnes lui étant consacrées dans le quotidien national Le Soir de Bamako, publié le 20 juin 2006.
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Laëtitia Boudaud - Juillet 2006.




Scènes de rue à Bamako
Bamako est une ville grouillante de vie. Quand on débarque dans cette grande capitale de plus d'un million d'habitants, bruyante et polluée, on se demande si l'on va réussir à l'aimer. Mais heureusement, elle a su garder de son authenticité et peu à peu, on apprend à la découvrir et on finit même par s'y attacher.


La radio 







J'ai été particulièrement attentive à l’importance accordée à la photographie dans les quotidiens maliens. Je savais déjà que le Mali figurait parmi les pays d’Afrique les plus dynamiques dans cet art. Ainsi, la capitale Bamako, accueille chaque année au mois de novembre, des photographes du monde entier pour la biennale de la photographie. Par ailleurs, plusieurs grands photographes connus sur la scène internationale sont d’origine malienne, comme Seydou Keita, Malik Sidibé, Youssouf Sogodogo, Alioune Bâ ou encore Aboubakrine Diarra. Cependant, la photographie de presse tarde encore à se tailler une place dans les quotidiens. Bien souvent, c’est le journaliste qui fait lui-même les photos et celles-ci illustrent l’article plutôt qu’elles ne l’enrichissent ou le supportent. Par conséquent, lorsque je me présentais dans une salle de rédaction avec mes photographies accompagnant mes articles, le directeur de publication était parfois étonné de l’importance que je conférais à celles-ci, lesquelles représentaient le plus souvent des personnes en action. En effet, les Maliens affectionnent surtout les photos de style protocolaire ou les portraits classiques, alors que les quotidiens occidentaux raffolent du mouvement. J’ai donc dû m’adapter aux goûts en vigueur dans mon pays d’accueil, sans toutefois compromettre ma démarche photographique. Pour moi, ce fut un beau défi à relever et sur ce point, une expérience extrêmement enrichissante.

Naître à Bamako
Naître à BamakoNaître à Bamako
Deux sages-femmes du CSCOM 3 de Sabalébougou à Bamako assistent une mère qui donne naissance à son cinquième enfant après plus de 48h00 de travail.

ARTICLE
La nutrition au premier plan dans les Centres de Santé Communautaire du Mali.
Bamako (Mali) - Les CSCOM (Centres de Santé Communautaire) du Mali ne ménagent pas leurs efforts et multiplient les actions concrètes pour lutter contre la sous-nutrition et la malnutrition, notamment chez la mère et l’enfant. Ces initiatives sont encouragées par des ONG (Organisations non gouvernementales) ainsi que par des associations locales et internationales qui proposent des sessions de formations en nutrition à des médecins généralistes travaillant dans les CSCOM.
« Il y a beaucoup de personnes qui ont des problèmes par rapport à la nutrition, souvent dus à une sous-alimentation. Parfois, il y a des cas graves et on est pas tout à fait outillés pour répondre à ces patients », a révélé le Dr Daouda Thiero, médecin généraliste depuis trois ans et responsable du CSCOM 1 dans le quartier de Sabalébougou à Bamako.
C’est ce genre de commentaire qui a conduit la DNS (Direction Nationale de la Santé) du Mali à mettre en place une division spécialement consacrée à la nutrition. « Avant, il n’y avait pas de division nutrition. Ce n’est qu’en 2001 que ça a commencé. Il y avait une conscience nutritionnelle donc le besoin s’est posé. Depuis la création de cette division, on a pu constater des améliorations car on a eu à former pas mal de centres de santé », a affirmé Mme Baryatou Konaté, technicienne supérieure de santé et chargée d’éducation nutritionnelle à la division nutrition de la Direction Nationale de la Santé.
De fait, les causeries organisées dans les différents CSCOM de la capitale malienne remportent un vif succès. « Les gens répondent en grand nombre aux activités que l’on organise. Les femmes viennent prendre l’information qu’on leur donne en nutrition », s’est réjouit M. Lamcina Keita, organisateur des activités au sein du CSCOM 1 du quartier de Sabalébougou à Bamako.
Le programme Uniterra, mis en oeuvre par le CECI (Centre d'Étude et de Coopération Internationale) et l'EUMC (Entraide Universitaire Mondiale du Canada) a par ailleurs apporté sa pierre à l’édifice en proposant aux médecins généralistes qui exercent au sein des CSCOM, avec l’appui de la FENASCOM (Fédération Nationale des Associations de Santé Communautaire du Mali), des journées de formation sur le thème spécifique de la nutrition. Trois volets furent approfondis, notamment sur la valeur nutritionnelle des produits locaux, l’alimentation de la femme enceinte et allaitante incluant les pratiques d’allaitement et enfin, l’alimentation des enfants de 0 à 5 ans incluant l’alimentation des enfants malades et convalescents. Le Dr Malick Kong s’est dit très enthousiaste à l’issue de cette formation. « On avait brièvement étudié la nutrition comme un module général à l’université. Mais j’ai appris beaucoup plus au cours de cette formation. Je sais maintenant quelle alimentation choisir pour une femme enceinte ou allaitante et j’ai également appris à faire un choix judicieux des aliments en fonction des nutriments qu’ils contiennent », a souligné le jeune médecin en service au CSCOM du quartier de Sikoroni à Bamako.
Il reste maintenant à espérer que tous les médecins ayant reçu cette formation en nutrition se donnent les moyens, comme le Dr Malick Kong, d’organiser des séances de restitution de l’information. « J’ai fait une première phase de restitution à l’AMFFED (Association Malienne pour la Formation des Femmes et l’Écologie) auprès de femmes leaders dans des groupes qui s’occupent de la santé de la femme et de l’enfant et d’autres séances sont déjà prévues », a-t-il annoncé.
Cependant, malgré les multiples actions entreprises, certaines barrières culturelles ralentissent le processus. « Le problème, c’est qu’il y a des personnes influentes au niveau des communautés, comme le père ou la belle-mère : allaitement exclusif, ne pas donner d’aliments avant l’âge de deux ans, ne pas donner d’œufs. Ce sont des problèmes qui parfois bloquent les femmes quand elles rentrent à la maison. Il faut par conséquent une prise en charge de ces femmes et les initier, les impliquer sur les questions de développement », a avancé Mme Baryatou Konaté.
Les causeries organisées au CSCOM 1 du quartier de Sabalébougou permettent pourtant aux femmes de réaliser des bouillies pour bébé équilibrées à partir d’aliments de base comme du lait, des œufs, de la viande hachée, de la pomme de terre, du sucre et de la farine enrichie. Or cela prend parfois du temps avant que celles-ci se décident à appliquer ces nouvelles recettes. « On encourage les femmes à reproduire ces recettes qui sont très simples. Mais ça ne fonctionne pas toujours. C’est un peu culturel, parce que traditionnellement, ce n’est pas ce genre de repas qu’elles préparent. Elles pensent que le plat quotidien qu’elles font déjà est bien », a précisé le Dr Daouda Thiero. Au CSCOM de Banankabougou Faladie, le Dr Bakary Monzon Diarra a observé des réactions similaires chez les participants. « Il y a des conceptions mystiques. Ainsi, certaines personnes disent qu’il ne faut pas donner de lait à un enfant, sinon, il deviendra voleur. Et dans beaucoup de familles, il y a les personnes âgées et les belles-mères qui imposent leurs volontés », a-t-il remarqué. En revanche, Mme Cissé Djeneba Ly, la sage-femme maîtresse de ce CSCOM, a néanmoins constaté de nettes améliorations depuis que ces causeries existent. « Les mères refont chez elles les recettes apprises lors des causeries, parce qu'on leur montre comment les préparer », a-t-elle indiqué.
Les actions de sensibilisation demeurent donc essentielles et doivent être poursuivies pour que des changements réels de comportements puissent apparaître. « L’éducation est une base très importante. Quelqu’un d’instruit a plus facilement accès à l’information sur la nutrition », a finalement conclu le Dr Malick Kong.
Laëtitia Boudaud - Juillet 2006.
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Au CSCOM 1 de Sabalébougou à Bamako, deux séances de vaccinations sont organisées chaque semaine, juste après les causeries sur la nutrition.
À mes côtés, une partie de l'équipe du programme Uniterra Mali sans qui mon travail de journaliste dans ce pays n'aurait pas eu autant de valeur. En mai et juin 2006, je suis partie six semaines au Mali (Afrique de l’Ouest) afin d’y réaliser des reportages dans le domaine de la santé et de la nutrition pour la presse écrite. Ce projet, rendu possible grâce au programme Uniterra Canada-Mali, a notamment débouché sur la publication d’articles et de photos dans des quotidiens nationaux maliens, visant à informer la population de l’existence de nouvelles possibilités de soins, désormais offerts gratuitement.
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